2006/05/17

Nostalgie, quand tu nous tiens . . .



"En 67 tout était beau- C’était l’année de l’amour - C’était l’année de l’Expo"

C’était aussi l’année de mon départ de l’Abitibi pour venir étudier au CEGEP d’Ahuntsic. Je m'installais enfin en ville. J’en rêvais depuis des années, je m’y préparais mentalement et j’appréhendais aussi. La cassure n’a pas été trop difficile parce que, pendant l’été, j’ai hébergé dans mon minuscule « une pièce », toute ma gang d’amis, chacun leur tour, venus d’Abitibi pour visiter l’Expo. Chaque jour, je les accompagnais sur l’île et on fêtait jusqu’à tard dans la nuit. À cet époque on était sans crainte, sans peur, on était jeunes et on était libres.

Pendant toutes mes années de CEGEP, je me suis souvent"ressourcée" dans mon Abitibi natale. Chaque fois qu’il m’était possible, j'y revenais par autobus, sur le pouce, avec des « occasions », en train, de toutes les façons. Toutes les raisons étaient bonnes pour retrouver ma gang du Club 777. Notre Club 777, c’était une gang de chums, un local, prêté par mon père, où nous nous rassemblions pour écouter de la musique. Nous y avons chanté, dansé, écouté Zappa et les Beatles. Au Club, mon frère, moi et notre ami Gilles étions des fans inconditionnels des Beatles.

À cet époque, mon frère et Gilles cultivaient un rêve commun, un rêve de liberté plus grand que tout. Ce rêve les a conduits sur les routes de l’ouest canadien, au grand découragement de mes parents. Pendant plusieurs mois ils ont voyagé, à l'aventure, nous donnant des nouvelles de temps en temps.

Un soir de décembre 69, j’étais attablée, prête à souper. J'avais installée Fille aînée, âgée d’à peine 1 mois, dans un siège sur la table près de moi. Voilà qu’on sonne à la porte. Je n’attendais personne, d’autant plus que mon chum était au travail. J’avoue avoir hésité à répondre. J'ai demandé à travers la porte qui était là. Surprise, c’était mon frère et Gilles, revenus plus tôt de leur périple. Je n’oublierai jamais cet instant de bonheur. Je les vois encore la chevelure en bataille, leurs vêtements sales, mais le cœur heureux de se revoir. Pendant des jours je les ai écoutés me raconter leurs aventures sur les routes du pays. Un disque les accompagnait dans leurs confidences, l’album d'Abbey Road qu’on écoutait en boucle. Chaque chanson leur rappelait une aventure cocasse et ils me la partageait. Pendant ce temps, sur le divan, Fille aînée faisait des ha! et des ho! déjà … oui malgré son jeune âge, elle aimait déjà la musique.

Mon frère et Gilles ne se sont plus jamais perdus de vue après ces années, ils sont des amis à vie. Quant à moi j’ai revu Gilles de tant en temps au fil des années. À l’été 82, à Baie St-Paul, il y était en spectacle comme échassier. Je l'ai accompagné aux retrouvailles des élèves de la Polyvalente de La Sarre en Abitibi, d’autres fois il m'a invité à des spectacles, pour des soupers entres amis, ici à Montréal. Toutes les fois mon frère y était.

Si je vous raconte cela c’est pour vous mettre en contexte. En effet ces deux grands amis vivront quelque chose de grandiose bientôt. Gilles a invité mon frère à Las Vegas. Mon frère le rejoindra là-bas pour une première. Gilles est le concepteur du projet et son amour des Beatles sera célébré dans un spectacle sur la "strip" à Las Vegas, LOVE un hommage du Cirque du Soleil aux Beatles, car voyez-vous Gilles, notre ami, c’est Gilles Ste-Croix et il est de l'équipe des fondateurs du Cirque du Soleil.

5 Comments:

At 9:37 AM, Anonymous Née un 24 juin said...

Me croiras-tu si je te disais que j'étais très émue à lire ton message aujourd'hui ! Ah ! la sensibilité. Je me rappelle lorsqu'on est allés vous voir ton d'Yvan et toi l'été passé et qu'au courant d'un souper... où tu as pianotté quelques notes avec Papoune, tu m'as parlé de ce retour de Vancouver de papa et de Gilles ! C'est beau la famille n'est-ce pas ?

 
At 8:23 PM, Anonymous Salut chère soeur ! said...

Tu m'as rappelé de très beaux souvenirs. Je suis très ému et les mots me manquent.
Si tu peux changer la photo à côté de celle de Gilles, J'aimerais que tu installes celle-ci qui me dévoile un peu plus. C'est l'homme dans sont habitat naturel.
Je mettrai Gilles en lien avec ton blogue.

Je t'aime!

 
At 8:24 PM, Blogger Celle qui va said...

Voilà, c'est fait la photo est remplacée.

Bizoussss

 
At 10:48 PM, Blogger Accent Grave said...

L'année de l'Expo. J'avais mon passeport. Tout était beau, nous n'avions aucun soucis, aucune appréhension. Nous mordions dans la vie, l'avenir état à nous.

Ce n'était pas une question d'âge. Qu'est-ce qui a pu faire qu'une telle atmosphère existe? Mes enfants n'ont jamais connu ce sentiment, le goût de voyager, d'explorer, de découvrir, de risquer un peu.

Ce n'était pas seulement uns question d'âge.

Accent Grave

 
At 9:39 AM, Blogger Joss said...

J'étais pas né en 67...
J'étais même pas dans les projets de mes parents...
Mais, je suis aussi ému par ton billet...
Le goût du voyage, de l'exploration me travaille depuis toujours 9et plus encore depuis quelques semaines... Trop lontemps sédentaire...)
J'aimerais bien connaître le souvenir de voyage de ton fr`re et Gilles sur "Something"... Tu sais que c'est ma chanson préférée à vie, de toutes... C'est ma chanson de vie... je l'écoute toujours, continuellement...

 

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